Toujours dans le cadre du 10e forum du RADla Tablée d’idée, qui se tiens à Montréal du 1 ier au 4 novembre, nous avons été à la rencontre de la semencière Teprine Baldo de  la ferme Le Noyau située dans la magnifique région de Frelighsburg au Québec.

Depuis à peine trois ans  Teprine Baldo cultive des légumes pour en récolter des semences qu’elle vend  par la suite et distribue chez plusieurs agriculteurs de la région. Ses semences proviennent de légumes qui font partie du patrimoine indigène et autochtone, entre autres. C’est donc sur un simple hectare de terre que Teprine Baldo cultive avec amour et fierté la courge d’hiver Red Curi, le tournesol Onondaga, les cerises de terre Hardwick-Abénaquis, les haricots Dolloff, les haricots Jacob Cattle, le maïs à farine Flint Seneca, la courge Autochtone Buffalo Creek, le maïs bleu Bear Dance anisi que le Blue Iroquois,  sur un total de près de 75 variétés! C’est  avec passion pour nos ancêtres cultivateurs qu’elle nous amène au coeur de ce riche patrimoine agricole au travers sa ferme Le Noyau. Elle nous partage également son admiration pour le semencier Stephen McComber, gardien des semences Iroquoises depuis plus de 30 ans, ainsi que pour le DR. Frederick M. Wiseman, directeur du Seeds of Renewal Project.

La semencière Teprine Baldo, également passionnée d’herboristerie, a quitté Montréal avec son mari photographe Jocelyn Michael et ses deux jeunes enfants,  pour réaliser ce rêve de «Seed Saver». C’est dans un lieu naturel et enchanteur qu’elle nous dirige vers son atelier où l’on retrouve ses instruments de travail manuel avec lesquels elle broie ses plantations pour en extraire les semences.

Pour atteindre son atelier, une ancienne grange, on traverse un petit pont situé au-dessus d’une petite chute de rivière. À notre droite se trouve un lac que son conjoint travaille pour en respecter sa biodiversité. D’immenses arbres aux couleurs automnales, nous accueillant avec grandeur et magnificence, s’élève  sous nos yeux, déjà fort ébahie par tant de charme et de beauté, une maison de  pierres ancestrale.

Et c’est avec chaleur qu’elle nous invites à y entrer afin de partager avec elle et son conjoint Jocelyn, un bon repas qu’ils ont  préparé avec les légumes de leur jardin. On entre dans une maison chaleureuse et ancestrale dont chaque coin de la maison est un havre de beauté pour les yeux.  Leur maison respire leur amour pour les semences.  Une immense table en bois est mise pour nous accueillir avec générosité et appétit! Une soupe de la cuisine Algonquine de la région de Wabano à Ottawa nous est généreusement servis sur un poêle à bois ancien entouré de poêles en fonte, ainsi qu’une salade de mesclun, du végépaté aux lentilles, du pain maison ainsi qu’une bonne variété de condiments également fait maison.

ET c’est là que se poursuit l’histoire des semences, des  techniques de jardinage traditionnelles, de courges autochtones, et de patrimoine agricole. Chaque endroit de la maison où l’on pose son regard  la nature y déploie sa beauté! Pour Teprine Baldo la notion de partage, de respect et de collaboration demeure des valeurs essentielles. C’est pourquoi elle remet la moitié des profils de vente à ceux et celles qui lui ont donné les semences qu’elle cultive avec amour et passion.

Lorsque nous rencontrons des gens comme Teprine Baldo et Jocelyn Michel on se dit que le monde est beau et que grâce à des gens comme eux notre patrimoine agricole et le retour vers notre autonomie alimentaire n’est pas une utopie mais une vision de l’agriculture possible ici même au Québec. Il s’agit non seulement d’y croire mais également de le réaliser. Et la ferme Le Noyau en est un fort exemple.